(Photos de la manifestation en signe de solidarité avec Cuba devant le consulat des États-Unis à Toronto, en février 2026)

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Blocus pétrolier américain : le Canada doit s’allier à d’autres pays pour aider Cuba

La population cubaine vit une grave crise humanitaire exacerbée par les menaces du président américain Donald Trump d’imposer des droits de douane à tout pays exportant du pétrole vers Cuba.

Le 25 février, le gouvernement du Canada a annoncé qu’il débloquait 8 millions de dollars en fonds d’urgence pour Cuba, mais il faut beaucoup plus – notamment du carburant – pour garantir que l’aide parvienne aux personnes dans le besoin. De nombreuses organisations non gouvernementales (ONG), comme des églises et des syndicats, font tout leur possible pour aider.

Joignez-vous à nous pour enjoindre au gouvernement canadien de :

  •  soutenir toutes les mesures nécessaires pour prévenir une crise évitable d’origine humaine, dont l’instauration d’une exemption humanitaire pour l’acheminement de pétrole et d’aide, sans ingérence des États-Unis;
  • réaffirmer l’engagement du Canada envers une politique étrangère indépendante vis-à-vis de Cuba et respectueuse du droit de la République à l’autodétermination;
  • accroître l’aide alimentaire et médicale à Cuba et mener des efforts diplomatiques auprès d’autres pays pour mettre fin au blocus pétrolier américain et atténuer l’impact des sanctions américaines en vigueur;
  • collaborer avec les Nations Unies, le Mexique, la Colombie et d’autres pays pour fournir du carburant à Cuba (article en anglais seulement).

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Mise en contexte

Le 29 janvier, le président Trump a menacé le Mexique et d’autres pays de nouveaux droits de douane s’ils continuaient de fournir du pétrole à Cuba. Le 12 février, un groupe d’experts en droits de la personne des Nations Unies a dénoncé cette menace. Le 20 février, une analyse du New York Times a montré que l’administration Trump a imposé un blocus de facto contre Cuba (article en anglais seulement) et précipite le pays vers une crise humanitaire.

D’autres mesures prises par les États-Unis empêchent non seulement les entreprises et citoyens américains de venir en aide à la population cubaine, mais entravent aussi l’aide humanitaire internationale en limitant les transactions bancaires. En conséquence, les fournisseurs risquent des représailles des États-Unis, et le transport de marchandises devient de plus en plus complexe et coûteux.

Quel est l’état des choses à Cuba?

Les besoins y sont criants. Les organismes partenaires et les touristes affirment que la situation à Cuba est aujourd’hui bien pire qu’au début des années 1990, lorsque l’effondrement de l’Union soviétique a lourdement plombé les conditions de vie. Faut-il le rappeler, la pandémie de COVID-19 a paralysé l’industrie touristique, une des principales sources de revenus du pays qui lui permettent d’importer de la nourriture, des médicaments et du carburant. Cuba a aussi souffert d’une série d’ouragans, de sécheresses et d’inondations qui se sont traduits en pertes de récoltes et pénuries alimentaires. Qui plus est, le manque de carburant limite le transport public, les services ambulanciers et la collecte des ordures.

À quoi ressemblent les conditions de vie d’un citoyen cubain moyen?

Jusqu’à récemment, Cuba dépendait du Vénézuéla pour son pétrole. Après la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse par les forces américaines le 3 janvier, du pétrole continuait de parvenir à Cuba depuis le Mexique. Cet approvisionnement a toutefois cessé quand l’administration Trump a menacé d’imposer de nouveaux droits de douane et de compromettre les négociations commerciales à venir dans le cadre de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique. Le gouvernement américain a alors imposé un blocus pétrolier, interdisant le transport de carburant à Cuba, hormis pour de petites quantités à destination de petites et moyennes entreprises privées.

En pleine crise énergétique, la vie à Cuba est extrêmement difficile. Impossible de se rendre au travail ou à l’école, puisque les transports publics sont pratiquement inexistants. L’accès à Internet est limité. Des coupures d’électricité ont lieu chaque jour dans tout le pays, généralement pendant 8 à 10 heures. Des usines sont fermées. S’approvisionner en eau est de plus en plus laborieux, car il faut souvent la pomper. L’acheminement des denrées alimentaires vers les marchés est difficile en raison des problèmes de transport. La collecte des ordures n’est plus assurée de manière régulière depuis des semaines. En conséquence, les maladies transmises par les moustiques se multiplient. Le système de santé est durement frappé, et les services ambulanciers ont été réduits. Les médias cubains ont rapporté qu’à la mi-février, 32 000 femmes enceintes n’avaient pas pu passer d’échographie parce que les génératrices des hôpitaux étaient à sec. L’accès à la radiographie, à la tomodensitométrie et à la radiothérapie a été considérablement réduit, et seuls les cas urgents sont pris en charge.

La population cubaine vit une crise humanitaire majeure. Le 26 février, des ONG internationales présentes à Cuba depuis de nombreuses années ont lancé un appel humanitaire (déclaration en anglais seulement) à la communauté internationale, la pressant de [traduction] « s’acquitter de ses obligations en vertu du droit international, de protéger la population civile et de garantir le plein accès aux services essentiels et à l’aide humanitaire ».

Jusqu’à maintenant, de nombreux gouvernements se sont montrés hésitants à négocier sérieusement avec les États-Unis pour lever le blocus, préférant prioriser la mobilisation de l’aide humanitaire. Cette approche risque de normaliser une situation qui pourrait – et devrait – être évitée.

Heureusement, nous pouvons solliciter un soutien accru du Canada, puisque cela s’inscrit dans la continuité des relations solides que le pays entretient avec Cuba et de sa politique étrangère indépendante :

  • les ONG, les groupes confessionnels, les syndicats et les organisations de la société civile du Canada travaillent sans relâche avec des partenaires cubains pour maintenir des liens interpersonnels solides et fournir une aide humanitaire et au développement;
  • des lois canadiennes protègent les entreprises canadiennes contre les mesures américaines faisant obstacle au commerce avec Cuba;
  • le Canada et le Mexique sont les deux seuls pays de l’hémisphère ouest à avoir décidé, dans les années 1960, de maintenir les relations diplomatiques avec Cuba;

Cuba est le plus important marché du Canada dans les Caraïbes et dans la sous-région de l’Amérique centrale, ainsi que le principal marché d’exportation de marchandises du Canada dans cette région.

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Passer à l’action

Pour contrer les répercussions des décisions des États-Unis, le Canada doit :

  • rejeter les mesures américaines empêchant le carburant d’atteindre Cuba et soutenir l’instauration d’une exemption humanitaire afin que l’aide puisse être acheminée sans ingérence des États-Unis;
  • collaborer avec les Nations Unies, le Mexique, la Colombie et d’autres pays pour fournir du carburant à Cuba (article en anglais seulement);
  • continuer d’accroître les efforts pour fournir des denrées alimentaires, des médicaments, des fournitures médicales et une aide au développement continue à Cuba;
  • mener des efforts diplomatiques auprès des Nations Unies, des États-Unis et d’autres nations pour mettre fin aux mesures américaines qui isolent Cuba et nuisent à sa population;
  • renforcer l’engagement du Canada en faveur d’une politique étrangère indépendante vis-à-vis de Cuba, fondée sur le dialogue, un engagement constructif et le respect de l’autodétermination, plutôt que sur des mesures punitives comme des sanctions, qui ne font que nuire au peuple cubain.

Ressources

Dans une nouvelle lettre conjointe, le Groupe d’Orientation Politique dans les Amérique et Common Frontiers exigent que le Canada rejette les mesures coercitives des États-Unis (texte disponible en français, anglais  et espagnole).

Le Canada doit agir maintenant pour soutenir le peuple cubain
https://www.ledevoir.com/opinion/idees/966474/canada-doit-agir-maintenant-soutenir-peuple-cubain